Romano Drom & Matilda

musique tzigane hongroise

Romano Drom

En langue romani, Romano Drom signifie «la route tsigane». Elle nous mène vers la tradition musicale orale des tsiganes olahs de Hongrie. Issu de la célèbre formation Ando Drom, le groupe a réalisé son premier album, Déta Dévla, en septembre 1999 en Hongrie. Leur deuxième album, intitulé Ando foro (dans la ville), est sorti le 27 Novembre 2001, sous le Label daquí distribué par Harmonia Mundi. Depuis trois ans, Romano Drom sillonne les routes, accueillis chaleureusement partout où il se produisent, notamment par le public du "Printemps de Bourges", du Festival "1000 year Journey" au Barbican Center à Londres, du Concert Gebouw à Amsterdam ou, plus récemment, à l’occasion des dixièmes Nuits atypiques de Langon. Leurs chants, ponctués par des percussions ménagères et des danses fières et endiablées, sont enrichies par diverses rencontres humaines et harmoniques. Les mélodies de leurs chants de danse ou de leurs ballades concilient tradition et compositions actuelles. La guitare, prenant une place de plus en plus importante, s’accompagne du traditionnel pot à lait et des cuillers en bois. Elle invite l'accordéon et la contrebasse dans une musique de plus en plus «world». Ainsi Romano Drom perpétuent la caractéristique des Tsiganes, qui est de toujours s’adapter au monde dans lequel ils vivent, sans pour autant renier leurs origines, mais en les valorisant.Tout récemment, MAtilda a rejoint le groupe avec lequel elle a déjà chanté par le passé


Quelques mots d’histoire…


Les Oláhs (ils se nomment eux-mêmes ainsi) sont des roms issus de la Roumanie actuelle, et plus particulièrement de la Valachie. Ils exerçaient traditionnellement des métiers aussi divers que l’élevage, la vente de chevaux (Lovars) et le colportage (Tsollars), autant de spécificité qui donnent leur nom à des “corporations” très importantes. Leur venue en Hongrie date de la deuxième moitié du 19ème siècle, période à laquelle l’esclavage fut aboli en Roumanie. Ayant vécu pendant longtemps en marge de la société, ils ont créé leur propre musique. Elle exprime la réalité de la communauté rom en utilisant, dans le chant, un "parlé vrai" se référant à leur vécu et à leur quotidien. La musique des Oláhs ou Valaques de Hongrie fut ignorée des ethnomusicologues jusqu’à la fin de la deuxième guerre mondiale et longtemps dénigrée par les musiciens. Elle fut donc, jusque dans les années 50-60, réservée à la seule communauté tsigane. Vivant en marge de la société, ils ont créé leur propre musique, essentiellement vocale et percussive, à la fois originale, mais également mêlée d’influences diverses. Nous sommes donc bien loin de l'imagerie des violons tziganes à boutons dorés, des orchestres interprétant une musique de divertissement


La musique à main nues


Mis à part quelques ustensiles ménagers comme la cruche en fer, les cuillers en bois, le pétrin ou tout autre accessoire de percussion, ils n'utilisent pas d'instruments. L'outil primordial est la voix. A côté des chants mélodiques, leur spécificité est l'imitation des basses avec la bouche. Le szájbögözés et le pergetés (roulements, onomatopées ou bouts de phrases utilisées dans les airs de danse) remplacent les instruments de musique. Depuis les années 60 les jeunes tsiganes introduisent la guitare, parfois la mandoline ou le tambura, empruntées à la musique des Balkans, afin d'apporter des éléments mélodiques. De nombreux groupes se formèrent _dans les années 70 essentiellement_ mus par la revendication de leur identité culturelle. Le premier groupe à s’être rendu célèbre dans les années 80 est Kalyi Jag, grâce à des enregistrements réalisés dans la maison de disque d’État, Hungaroton. Puis vint l’avènement d’Ando Drom dans les années 90. Issu de ce dernier groupe, Romano Drom est fier de pouvoir transmettre la culture des Tsiganes Oláhs, tout en la faisant évoluer vers une musique _particulièrement dans l’instrumentation_ plus actuelle et plus proche de la vie de ses contemporains. Grâce à un intérêt croissant pour la musique tsigane ils ont su rendre ce style de musique plus populaire. Peut-on encore le qualifier "d’authentique” ? Cela n’a plus aucun sens. Il faut cependant remarquer qu’elle est de plus en plus urbaine, et certainement en pleine mutation, comme en témoigne le groupe Romano Drom. En effet pour Romano Drom, la force de la musique traditionnelle des Tsiganes oláhs, tient dans ses voix et ses jeux vocaux. Il semble par contre incontournable que son évolution passe par le développement de son instrumentalisation et une ouverture d’esprit, capable d’intégrer de nouvelles couleurs sonores. Habitants d’une grande ville, Budapest, au confluent de l’Est et de l’Ouest, leurs inspirations sont multiples et variées. Grâce à leur métier de musiciens ils se retrouvent à nouveau sur les routes tout comme leurs ancêtres. Nomades du XXIème siècle, ils ramènent de leurs voyages de nouveaux parfums sonores et musicaux.

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