
D’après la tradition, la marionnette à gaine serait née au XVIIe siècle dans la province littorale du Fujian. Un lettré du nom de Liang Ping-lin, plusieurs fois malheureux aux concours impériaux, aurait rêvé qu’une divinité lui disait : « Ta renommée est dans le creux de ta main ». Se méprenant sur le sens de cet oracle,il se serait présenté à nouveau au concours impérial, mais en vain. Un beau jour, assistant à une représentation de marionnettes à fils, il aurait eu l’idée de sculpter des marionnettes creuses que l’on anime avec les doigts. Puis, s’aidant de ses connaissances historiques et littéraires, il aurait composé des scénarios et donné des représentations qui lui apportèrent richesse et renommée.
Il est un fait que le théâtre de marionnettes de Taiwan est un descendant de celui du Fujian, où trois styles différents s’étaient développés. Dans un premier temps, pur art « importé », le théâtre de marionnettes à gaine s’est peu à peu adapté à son nouvel environnement pour devenir véritablement taiwanais au début du XXe siècle. Le style beiguan, vif et martial, surtout répandu dans le nord de l’île, a alors supplanté le nanguan, trop lent et méditatif pour le goût de la population.
Par un effet d’enchaînement, les marionnettistes ont mis au point des techniques permettant de faire évoluer les marionnettes avec la vivacité requise par l’accompagnement musical. Le répertoire très éclectique puise son inspiration dans les romans historiques et les vies de personnages légendaires. On distingue, tout comme pour l’opéra, des pièces dites « guerrières » ou « martiales » et des pièces « civiles » ou « lettrées », où l’expression des sentiments l’emporte sur les prouesses acrobatiques.
| Hsu Wang | direction artistique |
| Yeh Shih-hung Hsu Cheng-tsung Lin Chin-nien Chiu Wen-chian | marionnettistes |
| Chiu Teng-huang Hsieh Yao-ming | musiciens |
Fondé en 1913 par Hsu Tian-fu, le théâtre de marionnettes Hsiao Hsi-yuan est l’une des plus anciennes troupes de marionnettes taiwanaises toujours en activité. Héritière d’une école de marionnettistes classique, la troupe met en avant le raffinement du style et la précision des gestes, deux principes jamais démentis au cours d’un demi siècle de règne exercé par l’actuel directeur Hsu Wang, deuxième fils de Hsu Tian-fu.
Initié à l’art de la marionnette depuis l’âge de 5 ans, Hsu Wang est devenu un marionnettiste accompli à 14 ans. En 1956, âgé alors d’à peine 20 ans, il se voit confier la direction de la troupe suite au décès de son père. Il assume pleinement cette tâche difficile, et la qualité de ses représentations, tout comme l’élégance classique des dialogues, lui ont valu des louanges unanimes.
Mettant en scène des pièces qu’il a lui-même adaptées ou écrites, Hsu Wang a gagné ses titres de noblesse dans cet art, qui n’a plus de secret pour lui. Généreux de nature, il n’hésite pas à former de jeunes marionnettistes, dont un grand nombre perpétue aujourd’hui cette tradition dans les quatre coins de l’île.
Sous sa brillante direction, le Hsiao Hsi-yuan est passé des estrades démontables dans la campagne taiwanaises aux salles de théâtre dans les grandes villes et les universités, avant de se produire à l’étranger. De 1964 à 2006, le Hsiao Hsi-yuan a reçu de nombreuses récompenses à Taiwan, et effectué plus de trente tournées dans le monde entier. Véritable ambassadeur culturel de Taiwan malgré sa petite taille, le Hsiao Hsi-yuan parcourt inlassablement les cinq continents en produisant des spectacles d’un raffinement inégalé.
Fêtes du temple de Taiwan
Véritable tour de force, cet enchaînement de numéros d’arts martiaux (massues, disques, boucliers…) et d’arts populaires (danse du lion, danse du dragon, défilé des immortels…) effectués par les marionnettes exige une grande adresse et virtuosité de la part des manipulateurs. Il permettra au public de découvrir quelques facettes de la vie à Taiwan, tout en appréciant le savoir-faire des maîtres de marionnettes du Hsiao Hsi-yuan.
Sur le chemin du retour
Après avoir participé au concours impérial organisé dans la capitale, le lettré Fang Yi-ching entreprend le long voyage du retour. Il rencontre un vieillard au bord d’un lac qu’ils doivent traverser en bateau. Soudain surgit devant eux un monstrueux dragon qui ne fait qu’une bouchée du bateau et du pauvre vieillard. Heureusement, un moine taoïste qui passait par là vient au secours de Fang et finit par décapiter le dragon. Fang peut enfin rentrer chez lui et retrouver son épouse bien-aimée.