Compagnie Fu Hsing-ko

TAIWAN :Théâtre d'ombres

Compagnie Fu Hsing-Ko


L’art du théâtre d’ombres

Avec les marionnettes à fils et à gaine, les ombres chinoises constituent l’une des trois formes du théâtre de marionnettes chinoises. Elles sont un art complexe, qui naît de l’association du théâtre parlé, de la musique (vocale et instrumentale), de la littérature (livrets), de l’artisanat d’art (façonnage des figures) et de l’esthétique plastique (formes et couleurs).

On ne sait pas exactement quand est né le théâtre d’ombres, mais on peut affirmer avec certitude qu’il a au moins mille ans d’âge. Venu sans doute du nord de la Chine, il se serait répandu dans le sud et dans l’ouest, parvenant, via la Mongolie, jusqu’en Europe occidentale. Le théâtre d’ombres de Taiwan, introduit il y a environ deux cents ans, est issu de celui de Changzhou, dans le Fujian, lui-même hérité de celui de Chaozhou, dans la province de Canton. Son insularité lui a toutefois permis de développer des caractéristiques propres à Taiwan.

Comme dans tous les théâtres d’ombres du monde, les figurines, que le marionnettiste meut au moyen de deux baguettes, présentent aux spectateurs un simple profil. Un rétro-éclairage en découpe la silhouette sur l’écran. À la différence de leurs cousines de Chine continentale, les figurines de Taiwan sont découpées dans du cuir de buffle, et non de cheval ou de mulet, animaux rares dans l’île.

Une autre caractéristique remarquée par les musicologues est l’étroite ressemblance entre la musique du théâtre d’ombres et celle des rites funéraires taoïstes. Peut-être la raison en tient-elle au pouvoir incantatoire que la tradition prête aux marionnettes. Il n’est en effet pas rare qu’une troupe comme le Fu Hsing-ko joue dans des temples lors de cérémonies d’offrande.

Le répertoire d’environ trois cents pièces se divise en pièces « lettrées », où la musique et le chant jouent un rôle prépondérant, et en pièces « martiales », marquées par des scènes de combat très animées, ces dernières permettant de la virtuosité propre au théâtre d’ombres. Les montreurs d’ombres avaient coutume de dire que « les lettres sont vraies, mais les combats sont feints », afin de signifier qu’il était difficile de jouer les pièces « lettrées », dont on devait véritablement apprendre les textes et les chants, souvent très raffinés, alors qu’il n’était pas nécessaire de savoir se battre pour jouer les scènes « martiales ». Pourtant ce sont celles-ci qui, par leurs effets visuels aisément perceptibles, ont, depuis quelques décennies, remporté l’adhésion du public.

La Compagnie Fu Hsing-ko

Hsu Fu-neng : direction

Conscient de cette tendance, mais également des qualités littéraires et musicales des pièces « lettrées », Hsu Fu-neng, directeur et maître marionnettiste du Fu Hsing-ko, s’efforce de renouveler la tradition en présentant conjointement dans ses spectacles ce que le théâtre « lettré » et le théâtre « martial » ont de meilleur. En mariant la virtuosité des scènes de bataille à la grâce des scènes parlées et chantées, il parvient à montrer l’essence même du théâtre d’ombre et à séduire ainsi un vaste public.

Fondé en 1957, le théâtre d’ombres chinoises Fu Hsing-ko constitue la plus importante des cinq troupes actuellement en activité à Taiwan. Son renom, dû au talent de Hsu Fu-neng, lui a valu une large reconnaissance à Taiwan, mais aussi d’avoir été invité à plusieurs reprises à l’étranger, notamment à New York, à Paris et au Festival d’Avignon.

Le programme

Trouble dans la Mer de l’Est

L’histoire se déroule il y a quelque trois mille ans. Li Ching, commandant de la place de Chentang, a trois fils. Le cadet, Nata, est un être extraordinaire. Incarnation de la Perle sacrée, chère à l’Empereur de Jade, il naît après trois ans et demi de gestation, pourvu d’une écharpe de soie céleste et de deux anneaux cosmiques. Taiyi, l’Immortel de la grotte lumineuse, lui enseigne alors les arts martiaux et magiques durant sept ans.

Un jour, Nata va se promener au-delà des murailles de la ville, accompagné d’un serviteur. Arrivé à l’estuaire d’un fleuve, il plonge dans l’eau. Mais son écharpe ébranle le palais marin du Roi-dragon. Ce dernier dépêche le grand chancelier des mers pour rétablir l’ordre, mais Nata le tue de ses anneaux cosmiques. Le Roi-dragon veut porter l’affaire devant l’Empereur. Mais Nata l’intercepte à l’entrée du Palais et le contraint à prendre la forme d’un petit serpent vert qu’il met dans sa poche.

De retour à Chentang, Nata doit libérer le Roi-dragon sur ordre de son père qui, lui, a pris conscience de l’ampleur du drame. Le Roi-dragon prépare une expédition punitive contre Chentang ; mais Nata le devance et propose de se sacrifier. Il fait ses adieux à ses parents, puis part avec le Roi-dragon.


Expédition dans la Mer du Sud

Avant d’avoir parfait son âme et d’être devenu immortel, le dieu du Pôle boréal avait pour fonction d’abattre les porcs. Un jour, conscient qu’il détruisait des vies, il décide de s’amender et de se consacrer à la spiritualité. Après s’être suicidé, il devient le dieu du Pôle boréal, escorté par l’esprit-tortue et l’esprit-serpent. Par la suite, il se réincarne pour devenir l’empereur Yong-le, de la dynastie des Ming, et accomplit des actes extraordinaires.

L’empereur Yong-le envoie Cheng-he vers la Mer du Sud pour en rapporter le sceau de jade impérial. L’armée commandée par Cheng-he prend d’assaut la passe de Fengguan et occupe la contrée. L’armée de Fengguan va trouver le Maître à la chevelure d’or qui gouverne le pays. Grâce à ses pouvoirs magiques, celui-ci inflige une cruelle défaite à l’armée des Ming.

La présence en son sein d’experts en magie ne permet pas à cette dernière de repousser les assauts du Maître à la chevelure d’or, grâce notamment au soutien de l’esprit-tortue et de l’esprit-serpent. Le mage Jin Bi-feng fait alors appel à des immortels, qui sont tous repoussés par le drapeau du Pôle boréal. En désespoir de cause, Jin Bi-feng se rend à la Cour impériale et, empruntant l’âme originelle de Yong-le, finit par faire triompher l’armée des Ming. sont forgés les traits principaux qui caractérisent les Hakka : l’endurance, la ténacité, un penchant à l’économie et une forte solidarité au sein de la communauté. C’est ainsi que les Hakka ont conquis de nouvelles terres à Taiwan, construisant des villages en des régions arides et isolées pour y cultiver le riz et le thé et pour y perpétuer leur ancienne tradition culturelle.

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